L’art chokwe
Les Chokwe sont issus de l’un des douze clans de l’empire lunda, dont ils se sont séparés avant de renverser la royauté lunda vers 1900. Leur aire s’étend jusqu’au Lualaba, à l’est, et couvre l’Angola et le nord-ouest de la Zambie.
Les masques. Le mwana pwo est un masque féminin, lié à la fécondité ; il est dansé par un homme et enterré avec lui à sa mort. Le chihongo incarne un esprit de richesse et de justice, porté par le chef, son fils et son neveu. Le cikungu représente les ancêtres du chef : c’est le plus grand. Le cikunza est lié aux rites de circoncision du mukanda, le camp d’initiation des garçons.
Le siège de chef. C’est l’objet chokwe le plus singulier. Il est assemblé à partir de plusieurs pièces de bois — l’une des rares productions africaines qui ne soit pas taillée dans un bloc unique — parce qu’il copie un modèle européen apporté par les Portugais dès le XVIIᵉ siècle. Assise de cuir, clous de laiton importés, dossier sommé de têtes coiffées, et deux oiseaux ngungu buvant dans un même récipient. Les barreaux sont sculptés de scènes de chasse, de commerce, de pilage du grain, de soins aux enfants, d’initiation : une société entière ordonnée sous l’autorité du chef.
Le Metropolitan Museum of Art de New York expose un siège royal chokwe (Ngundja, numéro d’inventaire 1978.412.619, galerie 344). Le National Museum of African Art du Smithsonian conserve un masque pwo venu de RDC. Les deux grandes collections de référence restent le musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, en Belgique, et le musée de Dundo, en Angola.
Une remarque à assumer : ces objets sont dans des musées étrangers. Le musée national de Kolwezi, en cours de constitution, a vocation à collecter et exposer le patrimoine du Lualaba. C’est un enjeu, et il vaut mieux le dire que l’éviter.
Les langues
Le français est la seule langue officielle, langue de l’État, du droit et de la scolarité, mais environ 10 % des Congolais seulement le parlent. À Kolwezi, la langue qu’on entend dans la rue, au marché et sur les chantiers est le kiswahili dans sa variante katangaise. Le chokwe et le lunda sont des langues de communauté.
Un visiteur qui apprend trois mots de swahili se simplifie la vie. Un visiteur qui arrive avec du lingala s’est trompé de ville : c’est la langue de Kinshasa.